Dents, mastication, les 32 bonnes raisons

Les dents une histoire très contemporaine. Le nombre de cas de l’édentement augmente fortement avec l’âge et entraine des difficultés à se nourrir liés à une déficience de la mastication. 

La perte de dents entraîne une diminution des stimulations orales, le manque de dents prive également l’organisme du sénior de nombreux mécanismes réflexes dont le rôle en conditions normales est de préparer le tube digestif à l’aliment ingéré pour en optimiser l’assimilation.

Source de notre article

Toute l’étude : Alimentation des séniors, comprendre le rôle de la mastication
Peyron M.A.1, Veyrune J.L.2, Woda A.2
INRA Theix, Unité de Nutrition Humaine (UMR 1019), F-63122St Genès Champanelle
Laboratoire CROC, Faculté Dentaire, Université d’Auvergne, F-63000 Clermont-Ferrand

https://www6.inrae.fr/

Des soucis ? Ici peut-être une solution :

L’offre « 100 % Santé » dentaire, c’est quoi ? Depuis le 1er janvier 2020, l’offre 100 % Santé dentaire vous permet d’être entièrement remboursé par l’Assurance Maladie et votre mutuelle ou complémentaire santé sur les bridges et les couronnes dentaires. Depuis le 1er janvier 2021, l’offre 100 % Santé dentaire a été élargie aux dentiers (prothèses amovibles)

Source Caisse Primaire d’Assurance Maladie : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/soins-protheses-dentaires/soins-dentaires-comprendre-le-100-sante

Dents ou pas, pas le choix, il faut bien manger !

La perte de dents, un mauvais état bucco-dentaire, des douleurs, dents cassées ou absentes, des prothèses inadaptées sont autant de raisons qui peuvent être à l’origine de difficultés à assurer les fonctions orales de mastication, de salivation ou encore pour déglutir.

En ce qui concerne la prise alimentaire, il faut croire que l’âge du sénior ne soit pas le seul élément pertinent à considérer, mais l’état oral en général et dentaire en particulier devrait être pris en compte dans un souci d’adaptation de l’offre alimentaire pour lutter contre les problèmes de nutrition de cette population fragilisée. La personne âgée qui a une bonne santé orale ne change pas particulièrement son alimentation, la perte de dents, ou édentation, amène le sénior à s’orienter vers des aliments mous, plus sucrés, plus riches en gras, qui d’une part peuvent aggraver l’état oral, et d’autre part conduire à une alimentation déséquilibrée ou insuffisante. 

En effet, la santé orale peut être considérée comme un bon indicateur de la santé générale et inversement un mauvais état bucco-dentaire semble aggraver l’état général nutritionnel de la personne en accélérant les processus de vieillissement.

source INRAe ; https://www6.inrae.fr/ciag/content/download/5206/40692/file/Vol33-8-Peyron.pdf
J’avoue qu’avec le masque je peux mastiquer ouvertement !
Question de politesse.

Principe général du fonctionnement normal de la mastication

La mastication, activité rythmique extrêmement bien coordonnée, est adaptée à la fois aux caractéristiques de l’aliment et aux aptitudes physiologiques de l’individu comme l’âge ou l’état dentaire . Au cours d’une séquence de mastication, l’état du bol alimentaire varie continuellement jusqu’à la déglutition ce qui impose une adaptation constante de la commande motrice.

Adaptation de la mastication au vieillissement physiologique normal

Malgré la perte de force de morsure et de masse musculaire au niveau des muscles masticateurs , les séniors possédant un bon état dentaire conservent leur capacité à s’adapter aux propriétés de l’aliment .

La fonction de déglutition chez les séniors présentant une bonne santé orale subit également le vieillissement qui se traduit par des modifications dans le déroulement temporel des évènements. 

Néanmoins ces difficultés potentielles ne comportent pas de risque majeur dans la mesure où ces séniors ne souffrent pas de pathologies associées au vieillissement et où le bol alimentaire est correctement formé par une mastication adaptée.

Perturbation de la mastication au cours du vieillissement

Un bon état dentaire et une activité musculaire adaptée à l’aliment sont les deux atouts principaux d’une fonction de mastication efficace.

L’efficacité masticatoire chez les personnes âgées édentées peut être réduite de 50% et dans certains cas jusqu’à 80% par rapport aux personnes âgées bien dentées malgré l’allongement notable de la séquence de mastication. 

Chez les personnes édentées appareillées, la compensation des pertes dentaires par prothèse ne permet que la restauration partielle des contacts dentaires, contacts nécessaires pour assurer une bonne mastication. Les pertes dentaires entrainent également la perturbation et une certaine désorganisation des mécanismes neuro-musculaires contrôlant la mastication. 

Normalement relayés par les récepteurs dentaires pour assurer la régulation des mécanismes de mastication, les feedback sensoriels sont affectés chez les édentés, la force de mastication et l’efficacité masticatoire sont dramatiquement réduites et l’adaptation à l’aliment ne se fait plus correctement.

les séniors possédant un bon état dentaire conservent leur capacité à s’adapter aux propriétés de l’aliment
les dents des séniors possédant un bon état conservent leur capacité à s’adapter aux propriétés de l’aliment
Au cours d’une séquence de mastication, l’état du bol alimentaire varie continuellement jusqu’à la déglutition ce qui impose une adaptation constante de la commande motrice.
Au cours d’une séquence de mastication, l’état du bol alimentaire varie continuellement jusqu’à la déglutition ce qui impose une adaptation constante de la commande motrice.
L’efficacité masticatoire chez les personnes âgées édentées peut être réduite de 50% et dans certains cas jusqu’à 80% par rapport aux personnes âgées bien dentées malgré l’allongement notable de la séquence de mastication.
L’efficacité masticatoire chez les personnes âgées édentées peut être réduite de 50% et dans certains cas jusqu’à 80% par rapport aux personnes âgées bien dentées malgré l’allongement notable de la séquence de mastication.

Avec moins de dents, la mastication moins efficace

Chez le sujet édenté, le contrôle de la mastication est moins efficace voire totalement inefficace selon le degré d’édentation, même dans les cas de réhabilitation prothétique . La perte des dents entraine une déficience des mécanismes d’adaptation de la mastication aux propriétés de l’aliment. 

Ainsi, à l’inverse des sujets âgés normo-dentés, les personnes âgées édentées sont incapables d’adapter la contraction musculaire pendant la mastication à la dureté ou la résistance de l’aliment. Le déroulement de la mastication de ces sujets est totalement perturbé.

L’objectif d’une bonne mastication n’est pas atteint chez ces sujets formant des bols alimentaires insuffisamment déstructurés et constitués de gros fragments, peu insalivés, et ne répondant pas aux critères permettant d’assurer une déglutition sans risque .

Dents & conséquences nutritionnelles du vieillissement

Une altération de la mastication pourra avoir plusieurs types de conséquences ayant un impact nutritionnel chez la personne âgée. Les modifications des choix alimentaire et des bols insuffisamment mastiqués pour les aliments consommés, associés à une baisse des drastiques des stimulations orales par manque d’efforts de mastication entrainent une baisse de libération de composés d’intérêt au niveau buccal, une digestion ralentie et une diminution des perceptions orales. 

Une augmentation des compositions plasmatiques en certains nutriments a par ailleurs été observée chez des séniors appareillés mais dont la mastication a été améliorée par renouvellement de leur prothèse. Lorsque la mastication est déficiente, il en résulte une baisse de l’extraction de ces nutriments par la déstructuration de la matrice par la mastication , associée à un ralentissement de la digestion par décalage de la vidange gastrique elle-même dépendante de la taille des fragments alimentaires.

Chez des séniors porteurs de prothèses, il a été montré qu’après mastication de viande, source intéressante de protéines, la concentration plasmatique en acides aminés est plus faible et l’assimilation retardée par comparaison avec les séniors de même âge présentant un bon état dentaire. 

Chez les séniors bien dentés mais encore plus chez les édentés, il est très important de maintenir des stimulations mécaniques orales suffisantes et efficaces
Chez les séniors bien dentés mais encore plus chez les édentés, il est très important de maintenir des stimulations mécaniques orales suffisantes et efficaces
Partager une petite promenade avec ses voisins, Rendre une visite, Proposer son aide,
Une dent contre personne, le plaisir c’est de partager une promenade avec ses voisins, Rendre une visite, Proposer son aide,

Au même titre que les aliments destinés au consommateur ‘lambda’ n’ayant pas de problème de mastication ou déglutition, les aliments doivent également apporter du plaisir à manger à la personne présentant des troubles
Au même titre que les aliments destinés au consommateur ‘lambda’ n’ayant pas de problème de mastication ou déglutition, les aliments doivent également apporter du plaisir à manger à la personne présentant des troubles

Outre ces actions directes de la mastication via la déstructuration mécanique de l’aliment, l’étape orale de transformation de l’aliment a également pour rôle de déclencher des mécanismes d’anticipation destinés à préparer le tube digestif à l’arrivée de l’aliment ingéré. 

Ces mécanismes, nommés réflexes de phase céphalique, sont initiés dans la bouche au cours de la mastication et déclenchent des réactions digestives ou métaboliques adaptées aux propriétés de l’aliment perçu et analysé en bouche. 

Ces stimulations sensorielles pendant la mastication entrainent une myriade de réactions ciblant les sécrétions digestives, exocrines, endocrines, enzymatiques, concernant des réactions thermogéniques, cardiovasculaires, ou rénales.

Au cours d’une mauvaise mastication, toutes ces stimulations orales sont diminuées, limitant les possibilités réflexes d’anticipation et de préparation du tube digestif. Chez des personnes âgées souffrant de pertes dentaires et n’assurant pas une mastication suffisante, ces réflexes métaboliques et digestifs sont vraisemblablement altérés.

Conclusion de l’étude

Bien que les liens de causalité entre état dentaire et état nutritionnel ne soient pas prouvés, leur association ne fait plus aucun doute. De nombreux travaux ont mis en évidence qu’un état oral détérioré et une mastication déficiente évoluent en combinaison avec une malnutrition ou une dénutrition, ou des maladies systémiques, métaboliques ou digestives. 

Plus récemment, des travaux ont clairement montré que l’utilisation des indicateurs classiques de santé orale associés au score du test d’évaluation nutritionnel MNA permettait d’évaluer les risques de malnutrition d’une personne âgée. 

Au même titre que les aliments destinés au consommateur ‘lambda’ n’ayant pas de problème de mastication ou déglutition, les aliments doivent également apporter du plaisir à manger à la personne présentant des troubles de fonctions orales, une augmentation des seuils de perception associés bien souvent à une diminution de salivation.

Les séniors ont besoin d’une alimentation diversifiée et adaptée, non seulement sur le plan nutritionnel mais aussi sur le plan sensoriel. Bien que les difficultés de mastication ou de déglutition de la personne âgée soient souvent décrites, assez peu de travaux ont été conduits pour étudier les différentes possibilités de modification des textures pour formuler des aliments en adéquation avec ses capacités orales. 

Chez les séniors bien dentés mais encore plus chez les édentés, il est très important de maintenir des stimulations mécaniques orales suffisantes et efficaces au cours de l’étape orale de consommation. Il est impératif de solliciter de nombreux éléments buccaux et d’éviter au maximum l’aliment en purée, mixé, qui ne stimule pas suffisamment les structures buccales.

Source de notre article :Alimentation des séniors, comprendre le rôle de la mastication Peyron M.A.1, Veyrune J.L.2, Woda A.2
INRA Theix, Unité de Nutrition Humaine (UMR 1019), F-63122St Genès Champanelle Laboratoire CROC, Faculté Dentaire, Université d’Auvergne, F-63000 Clermont-Ferrand

Voir aussi :

Santé et nutrition – L’Inserm, met-il aussi dans l’assiette le nutri-score ?

6 raisons pour découvrir l’EREN (Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle)

A destination des parents et des jeunes, à lire sur le site Ameli.fr https://www.ameli.fr/chirurgien-dentiste/exercice-liberal/services-patients/dents

À Propos De L'Auteur /

Commencez à taper et appuyez sur Entrée pour la recherche